Il n’aura échappé à personne qu’a lieu un mouvement social d’ampleur contre la loi dite Loi Travail.
Il est évident que les Juives et Juifs révolutionnaires appellent à cette mobilisation. Prolétaires, notre quotidien sera impacté grandement par cette loi. Nous n’allons pas lister les raisons de se mobiliser, il y a de nombreuses ressources disponibles assez facilement sur internet.
Si nous nous mobilisons du fait de notre appartenance de classe, nous le faisons aussi dans un cadre antiraciste. Comme nous le proclamions le 14 février dernier sur notre banderole : « nous combattons le racisme par la solidarité ». Cela se traduit concrétement par la solidarité de classe, seule à même de détruire cette société pourrie.
En effet, force est de constater que lors de mouvements sociaux, les idées racistes et ceux et celles qui les portent sont généralement inaudibles. Au mieux illes n’ont rien à dire, au pire illes soutiennent les réformes réactionnaires. Rarement, par posture, on trouve des organisations d’extrême droite pour contester des contre-réformes libérales mais illes sont inexistant.e.s dans la réalité des faits.
Pour prendre l’exemple de la lutte contre la réforme des retraites : bien malin qui pouvait donner la position du Front National. Encore aujourd’hui, ce parti est tout sauf clair sur cette question.
Les mouvements sociaux sont des moments pendant lesquels on parle enfin des vrais problèmes des prolétaires : la misère, l’exploitation etc. Et non pas des faux problèmes comme l’arrivée de réfugié.e.s ou l’islam.
Les mouvements sociaux revisibilisent la domination de classe de la bourgeoisie et permettent de faire progresser la conscience de classe pour peu que les organisations progressistes et révolutionnaires y portent un discours clair de lutte de classes et ne reprennent pas les thèmes et concepts tels que « la finance mondiale » et « l’oligarchie », les « banksters » (concept créé par l’antisémite Céline) qui sont aisément récupérables par les fascistes. Ce discours peut prendre par exemple la forme de la focalisation de certains sur banque Rotschild, qui n’est qu’une institution capitaliste parmi d’autres, mais qui est régulièrement mis en avant par les fascistes, comme « la » figure du capital, afin de substituer un discours raciste à un discours de classe . Rapellons que la majorité de la bourgeoisie appartient à la majorité nationale blanche et de culture chrétienne et que s’il existe une bourgeoisie juive, celle-ci ne se distingue pas du reste de la classe bourgeoise et ne représente qu’une part minoritaire des détenteurs du capital. Les principales fortunes françaises sont détenues en grande majorité par des personnes ou des familles appartenant à la majorité nationale blanche et de culture chrétienne, et la classe bourgeoise se positionne fondamentalement en fonction de ses intérêts économiques.
C’est donc au système capitaliste dans son ensemble et au pouvoir de la classe bourgeoise (actionnaires et patron.nes) dans son ensemble qu’il faut nous confronter en tant que travailleuses et travailleurs, avec ou sans emploi.
Les mouvemens sociaux sont des espace de clarification, car celles et ceux à qui nous nous confrontons sont celles et ceux qui exercent effectivement le pouvoir : bourgeoisie (actionnaires et patrons) et Etat. Ce n’est pas pour rien que la lutte des classes fait taire les fascistes, c’est parce que le réel concret, qui peut justement s’exprimer dans les espaces créés par les luttes sociales, démasque leur discours.
Les mouvements sociaux sont en effet des moments idéaux pour « dévoiler » la bourgeoisie et pour invisibiliser les idées réactionnaires et ceux et celles qui les portent. Néanmoins, ils sont portés par des prolétaires qui vivent dans cette société et qui du coup sont impregné.es de l’idéologie dominante. En ce sens, il est essentiel durant les manifestations/piquets de grève/blocages etc d’être intransigeant.e.s avec les dérapages racistes, et notamment antisémites, qui peuvent apparaître, y compris en excluant les artisans de ces clivages. Pensez à relire ceci pour vous aider à identifier et confronter les discours antisémites dans les luttes: https://juivesetjuifsrevolutionnaires.wordpress.com/…/comm…/
En effet, outre le fait que combattre une oppression (le capitalisme) en en soutenant une autre (le racisme) n’est pas très cohérent, la seule force du prolétariat c’est son unité. Le racisme (comme le sexisme) divise les prolétaires et donc les affaiblit. Ce n’est pas l’antiracisme qui nous divise mais bel et bien le racisme. Il faut donc nous unir sur une base de classe, dans une perspective clairement antiraciste.
Ensemble, contre la réaction, contre la loi « travail », contre le racisme et le capitalisme, pour la révolution sociale !
24 Mai 2016

