Yssoufou Traoré a été arrêté à la fin de la manifestation organisée en mémoire de son frère Adama samedi 8 juillet 2023.

Le décès d’Adama Traoré en 2016 est une conséquence directe de son interpellation par des gendarmes. Depuis, le combat de la famille Traoré et de leurs soutiens ne cesse d’être entravé. Pour rappel, la préfecture du Val d’Oise a interdit la marche qui a lieu tous les ans à la date anniversaire du décès d’Adama, allant jusqu’à menacer de fermer la station de Transilien de la ville de Persan pour empêcher les soutiens d’y participer.

Les organisatrices et organisateurs ont décidé d’appeler à se rassembler place de la République à Paris. Le cortège a pu s’élancer sur l’équivalent de deux stations de métros, avant d’être arrêté et dispersé. C’est à ce moment que la Brav-M a interpellé Yssoufou en distribuant au passage des coups aux journalistes et aux témoins qui s’inquiétaient de voir un policier peser de tout son poids sur le dos d’Yssoufou. C’est en utilisant la même technique, celle du plaquage ventral, que les gendarmes avaient tué son frère. Yssoufou Traoré est sorti du commissariat avec une fracture du nez, un traumatisme crânien avec contusion oculaire, des contusions thoraciques, abdominales et lombaires.
Des députés de la majorité demandent des sanctions contre les trop rares députés qui étaient présents au rassemblement.

L’arrestation d’Yssoufou est une arrestation ciblée, pour criminaliser toujours un peu plus la famille dans sa lutte. Des policiers viennent de porter plainte contre lui pour violence. C’est toujours le même renversement entre les causes et les effets auquel on assiste. Adama, Yssoufou, la famille Traoré, les morts et éborgné.e.s de ces dernières années sont les victimes des violences policières. Et il faudrait applaudir les flics à l’Assemblée Nationale, les plaindre, les soigner, ne pas voir que ces violences sont systémiques, racistes, structurelles, et que rien n’est fait pour y remédier.


JJR apporte tout son soutien à la famille Traoré dans leur combat, et à celles et ceux qui luttent contre les violences policières.

Par ailleurs, le ministère a annoncé avoir aussi interdit une manifestation de policiers en soutien à leur collègue assassin, « par équité ». Le renvoi dos à dos d’une force fascisante au sein de la police avec des manifestant.e.s qui exigent d’arrêter de devoir compter leurs morts est insupportable. Pas de justice, pas de paix.