Ce 9 juin a lieu en France le scrutin pour les élections européennes. Le Rassemblement National est crédité dans tout les sondages d’une très large avance sur les autres listes. Plusieurs listes plus ou moins ouvertement fascistes s’y ajoutent : menées par Marion Maréchal, par Florian Philipot, par Pierre-Marie Bonneau, par Françis Lalanne et son compère Dieudonné, ou par d’autres.
Au cas où certain·es lecteurs ou lectrices seraient tenté·es par ce vote, nous voulons leur rappeler que l’extrême droite a toujours été l’ennemie des Juif·ves. Le RN est un parti fondé par d’anciens nazis et collaborateurs ; il a été présidé pendant des décennies par un homme qui a multiplié les déclarations visant les Juif·ves ; il a servi de tremplin politique à l’antisémite Alain Soral ; il compte aujourd’hui encore en son sein des négationnistes, des néonazis, des pétainistes, etc. S’il prétend aujourd’hui lutter contre l’antisémitisme, ce n’est qu’une tactique visant à cibler la minorité musulmane mais sous ce vernis, la haine des Juif·ves est toujours là.
Au sein de la minorité juive, certain·es semblent penser que la judéité d’Eric Zemmour constitue une sécurité. Pourtant, cela ne change rien : on peut appartenir à un groupe social tout en luttant activement contre les intérêts de celui-ci, et de la même manière le fait que Marine Le Pen soit une femme n’en fait pas automatiquement une amie de la cause féministe. Eric Zemmour prouve quant à lui son positionnement antisémite quand il tente de réhabiliter la mémoire de Pétain, qu’il remet en cause l’innocence du capitaine Dreyfus, ou qu’il défrancise les enfants juifs assassinés à l’école Ozar Hatora.
Plus largement, l’extrême droite est l’ennemie de toutes les minorités. Si elle arrivait au pouvoir, cela se traduirait par une politique raciste, sexiste et homophobe menée aux dépens des migrant·es, des musulman·es, des LGBTQI, des femmes, des ultramarin·es, etc. Cela se traduirait par une politique de répression féroce contre les syndicats et les mouvements sociaux, par d’énormes régressions des droits sociaux des travailleuses et des travailleurs. Au niveau international également, la montée du RN et plus largement de l’extrême droite aurait des conséquences désastreuses quant au soutien nécessaire à accorder aux peuples ukrainien, syrien et palestinien. Celles et ceux qui se préparent à voter pour elle en disant « Après tout, on n’a jamais essayé » se trompent : l’extrême-droite a été au pouvoir en France à l’époque de Pétain ; elle est aujourd’hui au pouvoir ou l’a été récemment en Hongrie, en Italie et en Pologne ; à chaque fois, cela s’est vérifié.
L’extrême droite n’est pas la seule à partager certain·es de ses positions : LR ou LREM mènent eux aussi une politique islamophobe, anti-sociale et anti-migrant·es ; les positions de LFI sur l’antisémitisme ou les sujets internationaux peuvent également poser problème ; les exemples sont nombreux et même notre camp social n’est pas exempt de critiques. Pour autant, la progression du RN, si elle finit par mener à son accession au pouvoir, constituerait un tournant politique majeur réalisé à notre détriment à tou·tes.
Le 9 juin, ne votez pas pour eux.
