Donald Trump a remporté, assez largement, les élections présidentielles aux États-Unis. Cette victoire sera lourde de conséquences.
Aux États-Unis, elle signifie une offensive accrue contre toutes les minorités. Le droit des femmes sera de plus en plus remis en cause, l’avortement est déjà interdit ou fortement restreint dans une vingtaine d’États, mais la liste risque encore de s’allonger. Les migrant·es, dont les droits sont déjà fortement attaqués, seront parmi les premières victimes de la nouvelle administration, Trump ayant promis des expulsions de masse, prétendu que les Haïtiens « mangeaient des chiens et des chats » et multiplié les saillies ordurières à leur encontre. Le système éducatif et de santé états-unien, déjà réduit à la portion congrue, est lui aussi dans la ligne de mire d’un parti républicain qui souhaite depuis longtemps déjà abroger « l’Obamacare ». Le risque est également grand en ce qui concerne les droits de l’opposition, le futur président ayant passé ces dernières années à promettre la prison à celles et ceux qui, selon lui, lui auraient « volé » les précédentes élections.
De plus, Donald Trump s’est appuyé sur des réseaux complotistes et les théories QAnon et risque de favoriser la diffusion de celles-ci, y compris en Europe. Le soutien dont il bénéficie de la part de personnalités influentes comme Elon Musk est particulièrement inquiétant en ce sens, de même que sa proximité affichée avec des complotistes assumés comme Robert Kennedy Jr. Le futur président a également repris a plusieurs reprises les attaques antisémites ciblant le milliardaire George Soros, l’accusant de manigancer les poursuites contre lui, de financer le mouvement antifasciste, etc. La minorité juive américaine ne s’y est pas trompé et a très majoritairement voté en faveur de Kamala Harris, ce qui lui a valu d’autres attaques pour sa « grande déloyauté », refrain classique des discours antisémites.
Au niveau international, Trump a une position notoire de déni climatique et de soutien aux industries fossiles. Son retour au pouvoir signifie très probablement un retrait des engagements dans ce domaine, comme cela s’est produit lors de son premier mandat avec l’accord de Paris. De plus, la victoire de Donald Trump est une aubaine pour Vladimir Poutine et pour Benjamin Netanyahou. Le premier compte sur le nouveau président pour mettre un terme à l’aide accordée à l’Ukraine et aux sanctions internationales que subit la Russie. Le second espère bénéficier d’un soutien encore accru pour continuer à écraser dans le sang le peuple palestinien et élargir encore la guerre à l’Iran. Les Taïwanais·es ont également de quoi s’inquiéter, après les déclarations leur reprochant de ne pas payer en échange de leur sécurité ou d’avoir volé l’industrie américaine. De manière générale, la victoire de Trump est celle de l’extrême-droite du monde entier, de Marine le Pen à Giorgia Meloni en passant par Viktor Orban et Javier Milei.
La victoire de Trump confirme la progression mondiale des réactionnaires. Face à celle-ci, menons la bataille des idées ! Organisons nous ! Construisons la solidarité antiraciste, antisexiste et internationaliste !
