Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a pas perdu de temps et s’est illustré par une avalanche de décrets brutaux et réactionnaires, s’attaquant notamment aux droits des personnes migrantes (droit d’asile et droit du sol), ainsi qu’aux personnes trans, aux droits reproductifs et à l’environnement.
Sur la politique internationale, il ne s’est évidemment pas arrêté là pour marquer le ton de son 2e mandat présidentiel, qui s’annonce catastrophique. Dès son investiture fin janvier, Donald Trump levait des sanctions financières contre des colons israéliens accusés de violences contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée, dans un contexte où les violences envers les Palestinien·nes par des colons israéliens se sont drastiquement intensifiées depuis le 7 octobre. A cela s’ajoute ses déclarations effroyables de « prendre le contrôle » de Gaza et de procéder à la déportation des Palestinien·nes vers les pays arabes voisins comme l’Égypte et la Jordanie, allant jusqu’à ajouter, avec un cynisme glaçant et une brutalité inouïe, qu’il entend transformer la bande de Gaza en « riviera du Moyen-Orient ». Il précise lors d’une interview au média d’extrême droite Fox News début février que les Palestinien·nes déplacé·es n’auraient d’ailleurs pas le droit au retour à Gaza, affirmant qu’illes bénéficieraient de « logements bien meilleurs » ailleurs.
Sans surprise, Benjamin Netanyahu a accueilli ces déclarations avec intérêt. Récemment reçu en grande pompe à la Maison-Blanche, il a affirmé que « l’idée de Trump méritait d’être prise en considération » et est même allé jusqu’à saluer une proposition « réellement novatrice », qualifiée de « première bonne idée » pour l’après-guerre à Gaza.
L’année dernière, à la même époque, le ministre israélien des finances Bezalel Smotrich déclarait : « Nous voulons encourager la migration volontaire et nous devons trouver des pays prêts à les accueillir. » Et le ministre israélien de la sécurité nationale démissionnaire Itamar Ben Gvir déclarait : « La guerre présente une opportunité de se concentrer sur l’encouragement de la migration des habitants de Gaza », ajoutant que cette politique était « une solution correcte, juste, morale et humaine. » [https://www.timesofisrael.com/us-slams-irresponsible-calls-by-smotrich-and-ben-gvir-for-emigration-of-gazans/]
Disons-le très clairement : ces propos sont inadmissibles. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’assumer un projet d’épuration ethnique, définie comme un crime contre l’humanité par la Cour pénale internationale. L’extrême droite israélienne porte de longue date un tel projet qualifié de « transfert ». Elle trouve dans le discours de Trump une légitimation internationale de ses projets racistes. Cette politique n’est pas seulement assumée en discours, mais elle est mise en pratique par les massacres à Gaza, les tentatives avortées d’expulsion des Gazaoui·es dans le Sinaï, la politique de destruction systématique d’infrastructures menée par l’armée. L’extrême droite et le projet politique qu’elle défend reposent fondamentalement sur la convergence d’intérêts racistes, capitalistes et bellicistes, à l’échelle mondiale. La politique de Trump et ses déclarations participent à totalement décomplexer le discours des défenseurs d’un « Grand Israël » de la Méditerranée au Jourdain.
Face à cette surenchère de l’extrême droite israélienne et de Trump, plus que jamais il nous faut créer les conditions d’un large rassemblement, sans exclusive, ici comme en Israël et en Palestine, des opposant·es à l’épuration ethnique. Au sein de ce rassemblement, continuons de porter les revendications suivantes :
– la libération de tous les otages israélien·nes retenu·es depuis le 7 octobre 2023
– le retour chez eux des déplacé·es israélien·nes comme palestinien·nes
– la libération des prisonnier·es palestinien·nes placé·es arbitrairement en détention administrative
– l’arrivée à Gaza d’une aide humanitaire à hauteur des besoins de la population et de la reconstruction.
– la fin de l’occupation, de la situation coloniale et le démantèlement des colonies en Cisjordanie
– l’égalité des droits entre Israélien·nes et Palestinien·nes
– le droit au retour et à une compensation pour les réfugié·es palestinien·es comme pour les Juif·ves chassé·es de leurs pays d’origine
– l’évacuation par Israël des territoires occupés en Syrie, y compris du plateau du Golan
– l’application des résolutions de l’ONU relatives au Liban impliquant l’évacuation des fermes de Chebaa et le désarmement du Hezbollah
– l’application d’un processus judiciaire international concernant les crimes de guerre et contre l’humanité commis par le Hamas, par l’armée israélienne
Soutenons les forces qui, sur place, œuvrent en cette direction.

