Pessa’h 2025 / 5785

Ce samedi commencera la fête de Pessa’h. Nous célébrerons pendant une semaine la sortie des Juives et des Juifs d’Égypte et leur libération de l’esclavage de Pharaon. C’est l’émancipation de notre peuple que nous commémorons et comme l’année dernière, la place vide à la table du Seder pour le prophète Éli sera aussi pour les otages.

En commémorant la sortie d’Égypte, nous affirmons que l’émancipation ne se mendie pas : elle s’arrache, elle se défend, elle se transmet. À Pessa’h, nous ne racontons pas une histoire lointaine : nous nous souvenons — « Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte… » et « En chaque génération, chacun doit se considérer comme étant lui-même sorti d’Égypte. » Ces souvenirs ne sont pas figés : ils nous engagent à lutter, pour nous-mêmes et pour les autres. Car tant que certain·es vivent sous domination, personne n’est véritablement libre.

Ainsi Pessa’h est un appel à l’émancipation de tous les peuples qui luttent ou qui subissent l’oppression, de l’Ukraine à la Palestine en passant par le Soudan, l’Iran et le Turkestan oriental. Alors qu’une internationale réactionnaire est aux commandes aux États-Unis, en Russie, en Israël, alors que ses relais français du Rassemblement National sont aux portes du pouvoir et mènent campagne contre l’État de droit, la solidarité internationale antifasciste est plus que jamais nécessaire.

Nous nous souvenons également du ghetto de Varsovie et des centaines de combattant·es juif·ves, bundistes ou sionistes principalement, qui se soulevèrent en 1943 à la veille de Pessa’h et qui pendant presque un mois menèrent un combat héroïque et désespéré contre les forces génocidaires nazies.

Ajoutons que cette fête est aussi un moment intense pour les femmes juives, à qui il incombe souvent la lourde charge du « ménage de Pessa’h », qui, prétextant une recherche assidue du hamets, impose un nettoyage de toute la maison de fond en comble. Rappelons notre souhait d’une société plus équitable et d’une répartition égalitaire des tâches ménagères qu’aucune fête ne devrait mettre en péril.

Aujourd’hui, les herbes amères ne sont plus celles de l’esclavage en Égypte, mais celles du capitalisme,  du racisme, de l’impérialisme et du patriarcat. À nous de faire en sorte qu’elles aussi deviennent un lointain souvenir.

Hag Pessa’h Sameah.