Mardi 29 janvier, le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau a annoncé, lors d’une séance de questions au gouvernement, avoir lancé la procédure de dissolution de la Jeune Garde, groupe antifasciste né à Lyon en 2018 en réponse à de nombreuses violences fascistes.
Bruno Retailleau entend ainsi donner des gages à l’extrême droite et clore une séquence marquée par une réaction indigne à l’attentat islamophobe de La Grand-Combe, à la suite duquel il n’a daigné rencontrer ni la famille de la victime, ni les responsables de la mosquée où s’est déroulé l’assassinat. Il répond ainsi aux demandes du groupe d’extrême droite Némésis, dont il déclarait récemment être « très proche du combat », et du Rassemblement National.
Nous partageons beaucoup des combats de la Jeune Garde dont le plus important est la lutte contre l’extrême droite et le rôle crucial de l’autodéfense face aux groupes fascistes violents.
La Jeune Garde depuis sa création a popularisé la nécessité de l’antifascime. Elle a lutté et obtenu des victoires réelles contre les groupes Némésis, Génération Identitaire, les Zouaves Paris, le GUD, la Cocarde Étudiante, l’Action Française, ou le Rassemblement National. Tous ces groupes sont dangereux et promeuvent des actes et discours racistes et antisémites. Les confronter et les combattre est primordial. En le faisant, les membres de la Jeune Garde s’exposent aux représailles des fascistes et à la répression d’État. Face à ces dangers, illes doivent être soutenu·es.
Nous avons aussi fait état de désaccords profonds suite à certaines actions ou propos que nous avons considéré problématiques concernant la lutte contre l’antisémitisme. L’expression de ces désaccords s’inscrit dans une démarche de confrontation, de débat démocratique et de critique publique au sein de la gauche. Ils ne sont en aucune manière assimilables aux prétextes utilisés par le pouvoir politique ou les forces réactionnaires pour attaquer le mouvement antifasciste et justifier la dissolution d’une de ses organisations les plus actives et efficientes.
Nous dénonçons donc avec vigueur cette dissolution, qui s’inscrit dans une volonté d’attaquer l’autodéfense antifasciste. Nous témoignons notre soutien à la Jeune Garde, répétons notre appartenance et notre camaraderie au mouvement antifasciste et appelons l’ensemble de nos soutiens à faire de même.

