En 2022, Louis Alliot tente de baptiser une esplanade en hommage à Pierre Sergent, l’un des dirigeants des tueurs de l’OAS qui fût condamné à mort par contumace en 1962 et 1964 pour des faits de terrorisme. Cette décision a été annulée par le tribunal administratif.
Aujourd’hui, le maire d’extrême-droite récidive en nommant un parc en l’honneur de Pierre Jonquères d’Oriola. Si les biographies de ce dernier mettent en avant sa participation à plusieurs Jeux Olympiques en tant que cavalier, son parcours politique mérite qu’on s’y arrête.
Né en 1920, Pierre Jonquères d’Oriola s’engage en 1943 dans le Service d’Ordre Légionnaire, qui devient peu après la Milice française. Cette organisation, dirigée par le SS Joseph Darnand, constituait une troupe de choc au service de Vichy. Sa présentation en 21 points entendait lutter « pour l’ordre nouveau », « contre la démocratie », « pour la pureté française » et « contre la lèpre juive ». Ce sont des miliciens qui abattent Jean Zay et George Mandel. Au sein de la Milice, une force d’élite est constituée, les Franc-Gardes, dont il est également membre. Lors de la Libération en 1945, il est arrêté, jugé et condamné à l’indignité nationale.
Bénéficiant quelques années plus tard d’une loi d’amnistie, Pierre Jonquères d’Oriola a un fort engagement politique. Il est présent sur la liste du Parti des Forces Nouvelles (formé par des membres d’Ordre Nouveau suite à sa dissolution) aux élections européennes de 1979. Il est également suppléant sur une des listes de ce parti aux élections législatives de 1981, avant de rejoindre le Front National. Il décède en 2011.
Aujourd’hui, le Rassemblement National veut faire croire à sa « dédiabolisation ». Ne nous y trompons pas : contrairement à ce qu’il voudrait faire croire, l’extrême-droite d’aujourd’hui est bien l’héritière de Vichy et de l’OAS, qu’elle continue de célébrer.




