« Ce que je veux dire, c’est que les clandestins ne sont pas les bienvenus en France de la façon la plus ferme et la plus définitive ». C’est une phrase de notre ministre de l’Intérieur qui a ordonné à 4000 policiers, gendarmes et soldats l’interpellation et l’arrêt du plus grand nombre possible de sans papiers les 18 et 19 juin 2025 dans le but de les « renvoyer chez eux », menant une politique assumée d’extrême droite.
Des arrestations massives ont eu lieu dans les gares de la capitale. Nous ne pouvons nous empêcher de faire le parallèle avec ce qui se passe aux Etats-Unis où Trump met en place une politique migratoire extrêmement raciste avec des expulsions pour les personnes venant notamment de pays d’Amérique centrale ou Latine.
Nous dénonçons avec fermeté cette campagne de répression et de discrimination envers les étranger·es dans notre pays. Nous rappelons que les étranger·es quittent rarement leur pays de gaieté de coeur mais fuient souvent la guerre, la misère ou les persécutions. L’hypocrisie est d’autant plus flagrante qu’illes sont les piliers de pans entiers de l’économie, constituant la main d’oeuvre la moins chère et la plus précarisée. Cette opération permettant ainsi au gouvernement de détourner l’attention de cette exploitation. De fait, elle s’inscrit clairement dans un agenda politique visant à séduire de l’électorat d’extrême-droite, xénophobe et raciste.
Nous, Juif·ves issus de la Diaspora, avons tous dans nos histoires respectives des parcours de migrations venant du Maghreb, du Proche-Orient, d’Europe de l’Est, d’Éthiopie, ou d’ailleurs et savons comment l’immigration est souvent liée avec la survie. Les migrations sont à ce point liées à l’identité et à l’histoire juive qu’elles ont pris la forme d’un commandement biblique répété à plusieurs reprises : « Vous aimerez l’étranger car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte ».
Nous pensons à toutes ces personnes, travailleurs, travailleuses, familles, mineurs isolé·es, personnes sans papiers. Nous pensons également à toutes les victimes de l’Europe forteresse et de Frontex, à ces dizaines de milliers de personnes mortes en Méditerranée ou victimes des partenariats de l’Union Européenne qui sous-traite leur refoulement aux autorités libyennes, tunisiennes, turques etc. au mépris des droits humains. Nous leur apportons tout notre soutien et invitons à rejoindre toutes les actions et initiatives allant dans ce sens.
Pour une régularisation de tou·tes les sans papiers, la solidarité internationaliste et l’accueil de tou·tes les migrant·es d’où qu’illes viennent ! Contre Frontex, Retailleau et leur monde !
