Agression antisémite dans l’Essonne

Nous apprenons l’agression dont Gilles Cohen a été victime samedi 27 septembre 2025 dans l’Essonne à Yerres (l’une des plus grandes communautés juives d’Île-de-France). Rentrant chez lui, kippa sur la tête, le lendemain d’un repas de Shabbat chez son fils, il a été roué de coups aux cris de « sale juif, on va te tuer ». Nous lui apportons tout notre soutien et nos vœux de prompt rétablissement et espérons que l’auteur de ces faits sera rapidement retrouvé et jugé.

Ces deux dernières années, les actes et agressions antisémites ont fortement augmenté. Alors que depuis plusieurs décennies la minorité juive de France vit dans la peur et voit ses lieux communautaires placés sous protection policière, cette insécurité s’est encore accrue. La haine des Juif·ves prend prétexte des crimes israéliens à Gaza pour s’exprimer de plus en plus ouvertement. Loin de la combattre, de nombreux politiques nient la situation, l’instrumentalisent ou au contraire la nourrissent.

Encore la semaine dernière, sous couvert d’un vœu adressé à la communauté juive pour le Nouvel An juif, Pouria Amirshahi, député écologiste de Paris, rappelait sur Instagram, que « la paix, c’est d’abord le refus de dominer l’autre », assimilant ainsi les Juif·ves de France à la politique israélienne et reprenant le trope antisémite faisant des Juif·ves le groupe social dominant. Le 29 septembre sur France Inter, c’était au tour de Jean-Louis Bourlanges, cadre du Modem, de considérer que les Juif·ves de France « doivent absolument prendre leurs distances d’avec la politique de Netanyahu », assumant de les considérer comme « solidaires » de la politique de Netanyahu du fait du « lien profond qui les unit à Israël », allant jusqu’à demander à ce qu’ils s’alignent sur la position de la diplomatie française. Exiger des Juif·ves français·es de se désolidariser de la politique du gouvernement israélien du fait de leur judéité sera toujours une injonction antisémite.

Les élu·es ont une responsabilité politique quant à la sécurité des Juif·ves de France. Les passages à l’acte sont toujours précédés de paroles. C’est pourquoi nous invitons toute la classe politique à se former urgemment à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et à réfléchir aux conséquences de leur parole et au climat délétère qu’ils instaurent.

Face à l’antisémitisme, le mouvement social et la gauche dans son ensemble doivent se réveiller. Seule une prise de conscience collective permettra d’arrêter cette déferlante.