En Israël comme ailleurs : Le fascisme sème la mort, nous devons choisir la vie !

Texte co-signé par le CLARA (Collectif de Lutte Antifasciste Contre le Racisme et l’Antisémitisme)

« Viva la muerte » disaient les franquistes en Espagne. Depuis ses origines, le fascisme porte en lui un projet de domination totale, un projet qui préfère la mort à l’égalité. Comme ses alter-ego en France, aux États-Unis, en Iran, en Turquie, en Russie, l’extrême droite israélienne n’y fait pas exception. Pour défendre un statu quo colonial, elle recourt à une surenchère permanente de violence, en s’appuyant sur son allié Trump, quintessence de l’impérialisme américain. À l’extérieur comme à l’intérieur, elle recourt à la force brute comme seul horizon, considérée comme l’outil politique par excellence pour s’imposer.

Cette stratégie a déjà été théorisée dès 1923 par Vladimir Jabotinski, admirateur de Mussolini et fondateur du sionisme révisionniste, dont les héritier·es sont aujourd’hui au pouvoir, dans son programme intitulé « Le Mur de fer« , et mise en œuvre à de multiples reprises depuis et renouvelée ces dernières années dans une version aggravée, messianique, par les idéologues kahanistes alliés au parti de Netanyahou. Cette fuite en avant ne peut conduire qu’à plus de morts et de destructions, elle n’amènera ni la paix ni la justice.

Depuis le 7 octobre 2023, Gaza a été rasé et affamé par l’armée israélienne qui a aussi bombardé ou envahi le Liban, la Syrie, le Yémen, le Qatar et l’Iran. En Cisjordanie, le gouvernement israélien encourage toujours plus l’installation par la force de nouvelles colonies et les colons multiplient les attaques meurtrières avec le soutien de l’armée. Malgré tous ces massacres, malgré les crimes de guerre et contre l’humanité commis, malgré l’assassinat de plusieurs dizaines de milliers de civils, le Hamas contrôle toujours Gaza, le Hezbollah opère toujours au Liban, les Houthis sévissent toujours au Yémen, le régime fasciste et criminel iranien est toujours en place et ses nouveaux dirigeants sont issus de sa fraction la plus radicalisée. Les projets de remplacement de Gaza par une Riviera touristique ou d’installation de Reza Pahlavi comme dictateur fantoche à Téhéran ne sont rien d’autre que des fantasmes criminels. En réalité, le seul horizon proposé au peuple palestinien est la soumission ou la mort, le seul horizon proposé au peuple israélien est le suicide collectif ultra nationaliste, suprémaciste et colonial.

Les fascismes qui s’affrontent se renforcent mutuellement dans le sang des peuples, dont la liberté est piétinée. La seule perspective qu’ils offrent est celle d’une guerre sans fin.

La pratique des exécutions extra-judiciaires est déjà une réalité connue des Palestinien·nes dans les territoires occupés, depuis de nombreuses années. De plus, les crimes commis par les colons, les soldats, ou l’administration pénitentiaire sur des Palestinien·nes bénéficient d’une impunité quasi-totale.

La coalition au pouvoir en Israël vient de surenchérir par une loi raciste et coloniale instituant la peine de mort uniquement pour les Palestinien·nes. Celle-ci entérine formellement la destruction de tout État de droit et le triomphe du suprémacisme. Des fascistes comme le ministre Itamar Ben-Gvir ont célébré cette victoire de la mort en sabrant le champagne au Parlement et en arborant des insignes symbolisant la pendaison prévue par cette loi. Si on peut espérer que la Cour suprême israélienne censure la loi, seule une rupture avec l’idéologie et la pratique du « Mur de fer » et de la déshumanisation des Palestinien·nes permettra d’avancer vers un réel processus de paix et de sortir de la spirale meurtrière.

Nous continuons à croire qu’un autre chemin est possible. Il ne fera pas revenir les mort·es mais peut en éviter d’autres. C’est la voie de la coexistence dans la justice et l’égalité. Elle passe par le cessez-le-feu généralisé ; la reconstruction ; la fin de la situation coloniale ; l’évacuation de tous les territoires occupés depuis 1967 ; le droit au retour et à une réparation pour les Palestinien·nes comme pour les Juif·ves expulsé·es des pays de la région ; l’égalité des droits entre Palestinien·nes et Israélien·nes ; et la justice, qui passe notamment par la mise en place d’un tribunal international.

Nous appelons à agir en France pour que le gouvernement intervienne en ce sens, notamment par des sanctions internationales contre Israël, par l’application des mandats d’arrêt internationaux concernant Benyamin Netanyahou, et par la mise en place de poursuites contre les Franco-israélien·nes impliqué·es dans ces crimes ainsi que contre celles et ceux qui en font l’apologie.

Soutenons également celles et ceux qui, sur place, œuvrent dans cette direction comme Standing Together, B’Tselem, Breaking the Silence. Soutenons celles et ceux qui portent dans la région un autre horizon pour les peuples que le sectarisme, la mort, le fascisme nationaliste ou religieux, le colonialisme et l’impérialisme.