Face à la fuite en avant fasciste en Israël, solidarité avec celles et ceux qui refusent le statu quo colonial !

« Mettre en oeuvre le plan de migration » (sic) et « finir le travail » avec pour objectif l’expulsion de l’ensemble des Palestinien·ne·s de Gaza sous prétexte « d’éliminer le Hamas » tels sont les mots utilisés par le ministère de la défense israélienne, Israël Katz, rappelant que l’armée israélienne avait déjà « vidé de leurs habitants Rafah, et 70% de Gaza ». Sous le vocable de « plan de migration », il s’agit tout simplement d’un projet assumé de nettoyage ethnique, qualifiable en droit international de crime contre l’humanité.

Cette déclaration est symptomatique de la surenchère fasciste à l’œuvre au plus haut de l’État israélien. Dans le même temps les violences des colons et de l’armée continuent de se multiplier contre les Palestinien·ne·s dans les territoires occupés. Les voix qui s’élèvent pour protester au sein de la société israélienne sont réprimées. Elles méritent la solidarité de toutes celles et ceux qui sont attaché·e·s à la justice et à l’égalité.

Depuis la présentation de leur nouveau film documentaire, « Naza », en avant-première à la Mostra de Venise, les réalisateur·ice·s Rachel Szor et Yuval Abraham font face à une violente campagne de la part du gouvernement israélien, de la droite et de l’extrême droite : menaces de mort, harcèlement du domicile de leur parents, etc. Les deux avaient auparavant co-réalisé le film « No Other Land », documentant les violences des colons en Cisjordanie occupée dans la région de Masafer Yatta.

Dans leur nouveau film, ils visent à démontrer que le massacre massif de civil·e·s palestinien·nes relève d’un changement de doctrine militaire de la part de l’armée israélienne en faisant témoigner anonymement 24 militaires israéliens quant à leur implication dans ces crimes de guerre et contre l’humanité. Leur objectif est de mettre la société israélienne face à son déni, et de combattre la logique de déshumanisation ayant conduit au massacre de masse des civil·e·s palestinien·nes gazaoui·e·s, réduit·e·s à des « dommages collatéraux » et rendus collectivement responsables, sur une base raciste, des massacres des civil·e·s israélienn·e·s le 7 octobre 2023.

Depuis, les deux sont vilipendé·e·s en Israël, accusé·e·s de « trahison envers l’État », le Ministre de la culture allant jusqu’à réclamer qu’iels soient déchu·e·s de leur citoyenneté israélienne. Netanyahou s’est joint aux menaces contre elleux et envisage désormais de proposer deux projets de loi visant à retirer la nationalité à toute personne « diffamant des soldats » (sic) et de multiplier par vingt les dommages-intérêts légaux auxquels s’exposeraient les personnes condamnées. L’armée a également lancé une enquête visant à identifier les soldats qui ont témoigné. Face au contenu du film, le pouvoir israélien ne cherche pas à investiguer sur les crimes qui ont été commis, mais à trouver et à punir celles et ceux qui ont parlé.

Le moment choisi pour sortir le film doit aussi être compris dans le contexte des élections législatives en novembre prochain, qui seront décisives pour le sort des Palestinien·nes de Gaza et de Cisjordanie comme de la population israélienne.

La police israélienne continue dans le même temps d’intimider les actes de résistances menée par des organisations de base israélo-palestinienne comme Standing Together qui se battent contre les massacres à Gaza et l’apartheid dans les territoires occupés. Le 15 septembre 2026, l’un de ses représentant, par ailleurs candidat à la Knesset sur la liste israelo-palestinienne « Une place pour nous toutes et tous », Alon-Lee Green était arrêté et détenu arbitrairement alors qu’il manifestait à Majd-al-Krum contre une tentative d’installation d’une colonie par des colons, protégés par l’armée et le gouvernement israélien. Ce n’est évidemment pas sa première arrestation. Comme celles d’autres manifestant·e·s, qui opposent leurs corps à la violence, au terrorisme des colons israéliens et brisent l’omerta médiatique et politique sur le sort des Palestinien·n·es de Gaza et de Cisjordanie auxquels le sort de la population juive israélienne est de fait lié.

Le but du pouvoir israélien est d’intimider celles et ceux qui se battent pour mettre fin à la politique suicidaire et se battre pour pour la justice et l’égalité des droits entre Israélien·ne·s et Palestinien·ne·s ; de faire oublier la responsabilité majeure de Netanyahu dans la séquence qui a conduit aux massacres du 7 octobre 2023 par le Hamas ; et de couvrir les crimes de guerre et contre l’humanité commis au cours des trois ans qui ont suivi, notamment l’assassinat de plus de 73 000 Gazaoui·e·s, dont plus de 1200 depuis le soi-disant « cessez-le-feu ».

Nous exprimons toute notre solidarité envers les anticolonialistes israélien·ne·s victime de cette répression, tout comme envers les Palestinien·ne·s victimes de la violence coloniale en Cisjordanie et à Gaza.

Vivre dans la paix, la dignité et l’égalité, mettre fin au massacre et à la surenchère guerrière sans fin ne sera possible qu’en prenant l’exact chemin inverse de l’impasse suicidaire et criminelle vers laquelle conduit la fuite en avant fasciste de Netanyahu, Ben Gvir et consorts. C’est à dire rompre avec le régime colonial pour créer les conditions d’une paix juste et durable. Cela passe par un cessez-le-feu généralisé ; la reconstruction ; la fin de la situation coloniale ; l’évacuation de tous les territoires occupés depuis 1967 ; le droit au retour et à une réparation pour les Palestinien·nes comme pour les Juif·ves expulsé·es des pays de la région ; l’égalité des droits entre Palestinien·nes et Israélien·nes ; et la justice, qui passe notamment par la mise en place d’un tribunal international.

Plus que jamais, soyons solidaire de celles et ceux, qui, comme Standing Together, B’Tselem, Breaking the Silence ou le Hadash, luttent pour le droit des populations en Israël-Palestine à vivre en paix et en sécurité.Plus que jamais, la fin du régime colonial pour construire une paix juste et durable est une nécessité.

Previous Post