Attentat de Trappes : le sursaut face à l’horreur raciste !

Hier, à Trappes, l’horreur a frappé. Une personne a été tuée et cinq autres blessées dont certaines entre la vie et la mort, parmi elles une fillette de 12 ans qui se rendait à la piscine, lors d’une attaque attribuée à un tueur d’extrême droite. Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête.
Nous adressons nos sincères condoléances aux proches de Pengo Bossio Wangi, tué lors de cette attaque, et souhaitons aux personnes blessées un rétablissement aussi rapide et complet que possible.

D’après les premiers éléments de l’enquête, l’assaillant aurait visé la communauté musulmane. Cette attaque rappelle que le racisme tue. Elle fait écho à d’autres crimes commis au nom de la haine, notamment l’attentat islamophobe de la Grande Combes, l’attentat antisémite devant l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse. Dans ces drames, des vies sont fauchées parce que des personnes sont prises pour cibles en raison de ce qu’elles sont, ou de ce que leurs agresseurs pensent qu’elles sont.

Les mots ne sont jamais anodins. Ils préparent le terrain, désignent des boucs émissaires et rendent la haine acceptable. Dans un contexte social et politique délétère, où les populations arabo-musulmanes sont constamment stigmatisées, les discours racistes et en particulier islamophobes se banalisent et favorisent le passage à l’acte. Sur les plateaux télévisés comme dans le débat public, des personnalités politiques d’extrême droite peuvent multiplier les outrances sans que leur responsabilité dans ce climat soit suffisamment interrogée. Lorsque Jordan Bardella qualifie Trappes de « république islamique », il contribue à entretenir cette stigmatisation. Tout comme le « reportage » récent de CNews sur « le Trappistan » stigmatisant les habitant·es de la ville.
Nous refusons de considérer ces discours comme de simples provocations. La banalisation du racisme n’est jamais sans conséquences. Elle nourrit un climat dans lequel certains se sentent autorisés à transformer leur haine en violence.

Nous savons où mènent les idéologies qui désignent des populations comme des ennemies et font de leur existence même un problème. Notre solidarité avec les personnes ciblées par le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme n’est ni négociable ni à géométrie variable. Après cette tragédie, nous appelons à un sursaut collectif.

Les racismes, l’islamophobie et l’antisémitisme doivent être combattus partout, tout le temps, sans hiérarchie entre les victimes ni complaisance envers celles et ceux qui attisent la haine. Dans les médias, dans les institutions, dans la rue, au travail comme dans nos entourages, ne laissons rien passer. Nous refusons que d’autres vies soient brisées par la haine. Face à l’extrême droite et à ses idées, opposons la solidarité, la vigilance et la lutte collective.